Qu'est ce que tu crois ? Tu crois que j'n'ai pas envie d'être heureuse ? Tu sais, moi aussi j'aimerai me lever le matin et ne pas attendre avec impatience le soir pour me retrouver à nouveau à me serrer contre moi-même pour oublier que je suis seule. Moi aussi, j'ai des envies de liberté, des rêves plein la tête, et crois moi que je suis heureuse dans la plupart d'entre eux. J'suis pas en train de te démontrer que j'suis malheureuse, c'est pas le cas, mais putain bien sur que je préfèrerai dessiner des petites fleurs plutôt que des c½urs brisés, plutôt que des croix et des bonhommes qui pleurent. Bien sur que je voudrai courir, courir à en perdre haleine, et crois moi que ce serait facile, sentir le vent dans mes cheveux, et oublier jusqu'à mon nom. Et oublier le sien, oui, surtout le sien. Tu vois la scène ? Dans un champ, le soleil brille, je suis en short, et je cours, je cours. Mes cheveux flottent derrière moi, j'ai un sourire à t'en faire tourner la tête, je rayonne de bonheur. Je vois que du jaune, c'est la couleur du bonheur, c'est beau, ça brille, ça éblouit, et je suis le centre de l'apparition. Je suis belle, je suis moi, et j'en suis fière. Que crois tu, que chaque jour je ne te regarde pas avec admiration, toi qui subis mais qui ne plies pas ? Ne crois tu pas que je suis jalouse de ce sourire que tu affiches en permanence, celui qui te rend si belle, et celui qui manque tellement a ma vie ? Quand j'écoute une musique qui me fait tout oublier, bien sur que j'aimerai crier et partir, ne plus me souvenir, ne plus ressentir cette brulure que j'ai dans le c½ur. Tu crois que ça m'amuse, toute la merde que je trimballe derrière moi ? Tu crois que derrière mes larmes se cache une envie de paraître triste et bornée ? Non, non, crois moi, tout ce que je voudrai, c'est me sentir libre, et heureuse, et sereine. Tout comme toi j'ai des rêves, et tout comme toi je sais que certains ne se réaliseront jamais. Moi aussi je rêve d'avoir du Nutella sur tout le corps, de grimper dans un avion en direction de Manly, moi aussi j'ai des envies de fou rires permanents, de fumer continuellement, bien sur que je rêve d'une grande maison avec un beau chat qui me ferait des câlins tous les soirs sans que je le lui demande, d'un four dans lequel ma pizza rentrerait en entier sans que j'ai à la couper, d'un bain plein de mousse avec une amie qui me lirait des histoires, moi aussi je rêve que certaines personnes reviennent, et j'en chie surement autant que toi de voir que la plupart de mes attentes sont vouées à l'échec. Mais toi, tu n'en fais pas une affaire d'état. J'ai beau le vouloir, je n'peux pas m'empêcher d'avoir mal, je n'peux pas m'empêcher d'être déçue de mes réactions, je n'arrive vraiment pas à me regarder dans un miroir et à être fière du chemin parcouru. Tout ce que je vois, ce sont les fausses routes, les erreurs, les regrets, les remords, et toute cette merde, ça me bouffe. J'ai besoin d'un second souffle, j'ai besoin de m'enfuir d'ici et me retrouver un peu, de courir, de rire, de sourire, d'être heureuse putain. Je n'comprends pas pourquoi je n'arrive pas à avancer, pourquoi je fais du sur place alors que la vie m'ouvre ses bras. Les papillons, c'est tellement beau. Je le sais, toi tu es fan. Moi non. C'est là toute la différence entre nous. Toi tu aimes ce qui te fait du bien, moi je me complais dans mes souffrances. Et à force de passer à côté de tous ces papillons, j'ai peur de ne plus jamais en voir.